Xénogreffes porcines, brouillage GNSS, radiothérapie flash: les temps forts science de la semaine
Des organes de porc aux traitements anticancer ultrarapides, en passant par la bataille contre le brouillage des signaux satellites, l’actualité scientifique a été dense et contrastée cette semaine, entre percées technologiques, débats d’idées et stratégies industrielles.
À Nantes, la start-up Xenothera se mobilise pour mettre en place en Europe une filière de xénogreffes à partir du porc. L’enjeu affiché est double: répondre à la pénurie de dons d’organes et éviter une dépendance vis-à-vis des États-Unis ou de la Chine, où les expérimentations se multiplient depuis cinq ans.
Dans ce contexte, une visite de la première ferme hexagonale de porcs transgéniques illustre l’émergence d’une filière encore naissante. Sur un autre front, près des théâtres d’opérations, les signaux de satellites utilisés pour la géolocalisation sont de plus en plus souvent brouillés ou leurrés.
Les perturbations n’épargnent pas les transports, l’agriculture mécanisée ni même certains jeux vidéo. Militaires et civils cherchent des parades face à ce phénomène qui gagne en ampleur. La recherche sur la longévité nourrit aussi le débat. L’anthropologue américain Michael Gurven défend la thèse selon laquelle la longévité n’est pas un phénomène récent, mais une caractéristique de l’humanité depuis des milliers d’années.
Côté médecine, la radiothérapie « flash » se précise. Plus puissante et plus ciblée, elle promet de traiter en quelques séances d’une fraction de seconde des tumeurs difficiles d’accès. L’Institut Curie, présenté comme l’inventeur du « flash », a choisi Thales et testera la machine à partir de 2029 sur des patients atteints de cancers du cerveau et du poumon.
L’intelligence artificielle s’invite également en musique: deux chercheuses, à la fois musiciennes et spécialistes en IA, ont mis au point un logiciel capable de créer des mélodies sans avoir été entraîné sur des morceaux existants, et donc sans enfreindre le droit d’auteur.
Dans la tech, les profils neuroatypiques sont surreprésentés dans la Silicon Valley. Pour eux, le réel serait un ensemble de problèmes calculables et les relations humaines des systèmes optimisables, ce qui influence les technologies que nous utilisons ensuite, comme l’IA, explique Gilles Babinet.
Autre avertissement, signé Gaël Varoquaux: les IA et les algorithmes tendent à réduire la variabilité du monde, avec le risque de créer des monocultures et des stéréotypes, un phénomène susceptible de s’amplifier lorsque de nouvelles générations d’IA se forment sur une réalité déjà simplifiée par les précédentes.
Enfin, Aurélie Jean rappelle que l’intelligence artificielle demeure une source majeure de progrès qu’il ne faut pas rejeter par principe. Mais, écrit-elle, l’humain continuera de progresser tant qu’il prendra des décisions et fera des erreurs.
