Retraites: au 1er septembre, pas de trimestre en moins pour 1964-1965, un allégement pour 1966-1970

Dès le 1er septembre, la suspension de la réforme des retraites se traduira par de nouvelles règles pour les assurés nés entre 1964 et 1970.
Un premier décret d’application, attendu prochainement, précise les âges minimaux de départ par génération: les natifs de 1964 et 1965 ne bénéficieront finalement pas du trimestre d’abaissement de l’âge minimum un temps envisagé, tandis que les générations 1966 à 1970 profiteront d’un allégement d’un trimestre.
Ce tournant intervient après une séquence politique agitée. Début 2023, la réforme portée par Élisabeth Borne avait suscité une forte mobilisation syndicale. La Première ministre d’alors avait recouru à l’article 49-3 de la Constitution pour faire adopter le texte sans vote, mais la loi n’a finalement jamais été appliquée et la réforme a été suspendue en décembre dernier.
Les décrets d’application doivent encore être publiés pour rendre le dispositif pleinement opérationnel. Selon le projet, les âges restent inchangés pour les premières générations concernées: les personnes nées en 1964 pourront partir à 60 ans et six mois, celles nées en 1965 à 60 ans et neuf mois.
Le nombre de personnes réellement affectées par ce maintien devrait être faible, estime un syndicaliste. À l’inverse, comme annoncé, les générations nées entre 1966 et 1970 bénéficient d’un trimestre gagné sur l’âge minimum de départ. L’effet concret s’annonce toutefois limité: «Dans les faits, l’abaissement de l’âge d’un trimestre ne leur apportait pas de gain, vu la date, tardive, d’entrée en vigueur de la loi.
Certains étaient même déjà partis à la retraite», observe Claude Wagner, de la CFDT retraités. Du côté de l’Assurance retraite, ce projet — qui touche aussi à la durée de cotisation — devrait profiter à de nombreux salariés. Par rapport à la réforme, les natifs de 1964 et 1965 gagnent un trimestre de cotisation.
Les décrets doivent s’appliquer à partir du 1er septembre. Dans un communiqué de février, l’institution avançait que «près de 1,2 million d’assurés anticiperaient leur départ, d’environ trois mois en moyenne», et qu’«environ 1 million de personnes percevraient une pension légèrement supérieure, notamment grâce à une amélioration de la proratisation, à une diminution de la décote ou à une augmentation de la surcote».
