Nathalie Baye est morte à 77 ans de la maladie à corps de Lewy

Nathalie Baye est morte à 77 ans, vendredi soir, à son domicile parisien, a annoncé sa famille à l’AFP. L’actrice est décédée de la maladie à corps de Lewy. Figure majeure du cinéma français, elle était détentrice de quatre César, dont celui de la Meilleure actrice pour Le petit lieutenant (2005) et celui du Meilleur second rôle féminin pour Sauve qui peut (la vie) (1980) et Une étrange affaire (1981).
Dans un communiqué transmis à l’agence, ses proches — sa fille Laura Smet, son frère Louis Baye, son gendre Raphaël Lancrey-Javal et son petit-fils Léo — ont fait part de leur peine et annoncé son décès. Fille de peintres bohèmes, Nathalie Baye, enfant dyslexique, a quitté l’école à 14 ans pour intégrer une école de danse à Monaco.
À 17 ans, elle part à New York compléter sa formation dans les ballets russes. De En 1972, Faustine et le bel été marque sa première apparition au cinéma. Sa rencontre avec François Truffaut s’avère décisive: il lui offre le rôle de la scripte dans La Nuit américaine, lui confie la voix de la standardiste de L’Homme qui aimait les femmes et la dirige à l’écran dans La Chambre verte (1978).
Très tôt, elle travaille aussi avec Maurice Pialat (La Gueule ouverte, 1974) et Jean‑Luc Godard, qui la dirige dans Sauve qui peut la vie, rôle qui lui vaut un César du Meilleur second rôle, récompense qu’elle obtient à nouveau l’année suivante pour Une étrange affaire.
Parallèlement, le grand public l’adopte, notamment chez Bertrand Tavernier avec Une semaine de vacances (1980). Elle enchaîne ensuite les collaborations avec de grands réalisateurs, notamment Bertrand Blier (Notre histoire) et de nouveau Godard (Détective). Moins présente sur les écrans à la fin des années 1980, elle trouve en 1990 l’un de ses rôles marquants dans le premier film de Nicole Garcia, Un week‑end sur deux.
En 1999, elle renoue avec un large succès avec Vénus beauté de Tonie Marshall et reçoit le prix d’interprétation à Venise pour Une Liaison Pornographique. Au début des années 2000, Steven Spielberg la choisit pour incarner la mère du personnage de Leonardo DiCaprio dans Arrête‑moi si tu peux (2002).
Longtemps associée à des rôles de femmes raisonnables, elle explore d’autres registres dans Ça ira mieux demain et L’Un reste, l’autre part. Elle est une politicienne sans scrupules chez Claude Chabrol (La Fleur du mal) et incarne des femmes plus vulnérables pour Noémie Lvovsky (Les Sentiments), Thierry Klifa (Une vie à t’attendre) et Xavier Beauvois (Le Petit lieutenant, 2005).
Elle retrouve ensuite Josiane Balasko, qui la dirige dans Cliente (2008), joue face à Pierre Arditi dans Ensemble c’est trop (2009), puis retrouve les comédies de Pierre Salvadori avec De vrais mensonges, aux côtés d’Audrey Tautou. Elle partage aussi l’affiche avec Gérard Depardieu dans Small World (2010).
Sa disparition clôt une filmographie éclectique, traversée par des rencontres majeures et une fidélité aux auteurs comme au public.
