L'économie française freinée par la guerre au Moyen-Orient, l'Insee révise ses prévisions à la baisse

L’économie française, à peine remise d’une période de ralentissement, risque de subir un nouveau coup de frein. Selon les dernières prévisions de l’Insee publiées mardi, la croissance tricolore devrait être moins dynamique que prévu dans les mois à venir, en raison des répercussions de la guerre au Moyen-Orient sur les prix de l’énergie.
L’institut table désormais sur une progression du PIB de 0,2% au premier comme au deuxième trimestre, soit 0,1 point de moins que ses projections de décembre. L’acquis de croissance à mi-année – c’est-à-dire la croissance annuelle si le PIB restait stable au second semestre – est revu à la baisse à 0,9%, contre 1% initialement anticipé.
« Nous ajustons légèrement nos prévisions pour intégrer la nouvelle donne sur les prix du pétrole », a expliqué Dorian Roucher, chef économiste du département de la conjoncture à l’Insee, évoquant la flambée des cours depuis les récentes tensions géopolitiques.
Cette dégradation intervient alors que les indicateurs économiques semblaient enfin se redresser. Les enquêtes menées auprès des entreprises en février laissaient entrevoir une embellie au premier semestre, prolongeant la tendance observée fin 2025. Pourtant, la hausse des prix des carburants et du gaz, non anticipée lors des négociations salariales, vient assombrir le tableau.
À court terme, les ménages devraient puiser dans leur épargne – le taux d’épargne restant élevé à 17,6% à mi-année – pour maintenir leur consommation, qui progresserait modestement (+0,1% au premier trimestre, +0,2% au deuxième). Dans l’industrie, l’investissement des entreprises continuerait de se redresser, porté notamment par les secteurs de l’aéronautique et de la défense.
Cependant, l’Insee met en garde: les effets les plus douloureux du conflit au Moyen-Orient se feront sentir au second semestre 2026, si les prix de l’énergie restent durablement élevés. Pour l’heure, l’inflation globale, tirée par les carburants et le gaz, atteindrait 1,9% en juin, contre 0,9% en février.
Une hausse qui reste toutefois inférieure à celle de la zone euro (3%), grâce à une dynamique salariale moins forte en France. Mais ce répit pourrait être de courte durée: les salaires réels devraient reculer de 0,5% au deuxième trimestre, et le pouvoir d’achat des ménages afficherait un acquis négatif de 0,2% à mi-année.
