Giro: Vingegaard débarque à Bourgas en grand favori et vise la trilogie des Grands Tours
Marqué d’une ecchymose tenace sous l’œil, souvenir d’une chute en janvier lors d’une descente, Jonas Vingegaard est apparu mercredi soir à Bourgas pour la présentation des équipes. Le Danois n’est pas venu en Bulgarie pour encaisser, mais pour frapper. À la veille du départ, il s’avance comme le grand favori d’une 109e édition où l’on attend peu de suspense, même s’il rappelle que « le Giro est imprévisible ».
L’annonce de sa participation en janvier avait déjà installé le décor, alors que Tadej Pogacar et Remco Evenepoel se projettent uniquement vers juillet. La cascade de forfaits des dernières semaines, dont Richard Carapaz, Mikel Landa et João Almeida, n’a pas entamé son statut.
Vingegaard refuse pourtant d’enterrer la concurrence: « Il y a plein de prétendants. UAE a une grosse équipe, Red Bull et Decathlon aussi. Il ne faut jamais sous-estimer quiconque et je ne vais pas m’y mettre. » Vendredi, le vainqueur de la 1re étape déboulera sur le large boulevard Demokratsia, à Bourgas, prélude à des pièges annoncés dès les premiers jours, notamment sur les pavés menant à la forteresse de Veliko Tarnovo.
Côté forme, tous les signaux sont au vert. « J’ai le sentiment d’être monté en puissance tout au long de la saison. J’ai aussi franchi un cap depuis ma dernière course. Je suis prêt », résume-t-il. Facile vainqueur de Paris-Nice et du Tour de Catalogne, il a observé deux jours de repos en raison d’une « petite maladie », sans conséquence selon lui: ce break était de toute façon programmé avant un stage à Tenerife.
« Et cela remonte à cinq semaines, je n’ai rien perdu. J’ai eu une bonne préparation. » Chez Red Bull-Bora-Hansgrohe, Jai Hindley, vainqueur surprise du Giro 2022 et co-leader aux côtés de Giulio Pellizzari, ne doute pas du statut du Danois: « C’est certain qu’il est le grand favori, il n’y a pas de débat.
» L’Australien rappelle toutefois que le Giro reste plus indocile que le Tour et que « tout peut arriver en troisième semaine ». À 29 ans et pour sa 8e saison chez Visma-Lease a Bike, Vingegaard s’aligne pour la première fois sur le premier Grand Tour de l’année.
Certains y verront une façon d’éviter Pogacar, qui l’a dominé lors des deux derniers Tours de France. Aurait-il tout de même pris le départ si le Slovène avait choisi le même programme? « Oui, je serais quand même venu, assure-t-il. Comme je l’ai déjà dit, c’est un objectif personnel d’être ici.
» Le Danois présente ce Giro comme le dernier des trois Grands Tours qu’il lui reste à cocher. En cas de succès le 31 mai à Rome, il deviendrait le huitième coureur à compléter la trilogie, après Jacques Anquetil, Felice Gimondi, Eddy Merckx, Bernard Hinault, Alberto Contador, Vincenzo Nibali et Chris Froome.
« Vu tous ces noms, ce serait vraiment spécial d’ajouter le mien sur la liste, confie-t-il. Ce serait un rêve devenu réalité. Enfin non, ce n’était même pas un rêve, car c’est quelque chose que je n’aurais jamais pensé possible. » Son équipier Sepp Kuss abonde: « La trilogie, c’est très important pour lui.
» Reste à dompter une course qui se plaît à contredire les plans les mieux huilés. Favori assumé mais prudent, Vingegaard aborde ces trois semaines bulgares et italiennes avec l’ambition de transformer l’essai, sans oublier que, sur le Giro, la route décide toujours en dernier ressort.
