France Deeptech crée un groupe de travail sur la défense et l’innovation

Alors que la loi de programmation militaire agite les milieux de la sécurité, France Deeptech a créé, le 17 avril, son cinquième groupe de travail, consacré à la défense et à l’innovation. Un geste peu visible, mais porteur de message dans un écosystème en quête de nouvelles passerelles entre armées et start-up.
Le calendrier est parlant. Le 9 avril, le général Fabien Mandon, chef d’état-major des Armées, expliquait devant la commission de la Défense de l’Assemblée nationale qu’une « guerre ouverte » avec la Russie constituait sa « préoccupation première en termes de préparation des armées ».
Au même moment, l’association peaufinait la création de ce nouveau collectif dédié aux enjeux de défense et d’innovation. La loi de programmation militaire 2024-2030 prévoit d’orienter 5 milliards d’euros vers les drones et les robots, et 10 milliards vers l’innovation.
Le texte souligne aussi qu’« une transformation doit être entreprise pour anticiper les sauts technologiques ». Reste une question centrale: qui, dans l’écosystème, aura effectivement accès à ces moyens? « Aujourd’hui, l’innovation stratégique est presque exclusivement portée par les “primes”, les géants de l’armement.
Les start-up ont tendance à rester à la porte », estime un membre du nouveau groupe de travail. Pour ces acteurs de la deeptech, l’enjeu est de taille: se faire une place dans un circuit d’innovation et d’acquisition longtemps dominé par les grands industriels.
Ce nouveau groupe de travail envoie un signal d’organisation et de volonté de peser sur les priorités technologiques de défense. Il reste toutefois à voir comment les fonds et les appels à projets seront structurés, et si les jeunes pousses pourront, au-delà des déclarations d’intention, accéder davantage aux programmes soutenus par la loi de programmation militaire.
