Eure: les syndicats enseignants quittent le CSA sur la carte scolaire, séance reportée au 10 avril

Les syndicats enseignants de l’Eure ont claqué la porte du comité social d’administration (CSA) mercredi 1er avril 2026, boycottant l’instance décisionnaire de la carte scolaire. Motif invoqué: des enseignants avaient reçu la veille des notifications de fermeture de classe, avant toute tenue des instances de concertation.
L’annonce du projet de carte scolaire pour la rentrée 2026, faite lundi 23 mars, a déclenché une mobilisation soutenue. Parents, élus et syndicats ont manifesté à Évreux mardi 31 mars, jour où les mesures devaient initialement être examinées. Face à la contestation, la réunion du CSA avait été reprogrammée au lendemain.
Les organisations SNUDI FO 27, FSU-SNUipp 27 et SE-Unsa 27 ont finalement quitté l’assemblée. Dans un communiqué, l’intersyndicale dénonce « le désarroi et l’incompréhension » des personnels informés en début d’après-midi, alors que « les instances ne s’étaient pas encore réunies », qu’une classe fermerait dans leur école.
« C’est inédit, nous sommes très en colère », soulignent ses représentants. Matthieu Laguette, secrétaire départemental du SNUDI FO 27, critique une méthode « pas très démocratique »: « C’est comme si c’était déjà fait, alors qu’on nous a fait croire qu’il pouvait y avoir des évolutions.
» Les syndicats jugent ces notifications « méprisantes » pour les équipes et les parents mobilisés. Ils contestent aussi les effectifs de référence, remontés en novembre, assurant qu’ils ont augmenté depuis dans la plupart des écoles concernées sans que cela soit pris en compte.
« Certaines écoles ont pu se faire entendre alors que d’autres n’ont toujours pas été reçues », regrettent-ils. Conséquence immédiate, la séance du CSA du 1er avril est reportée au vendredi 10 avril 2026. Le conseil départemental de l’Éducation nationale (CDEN), qui doit entériner la carte scolaire en préfecture vendredi 3 avril, est également en suspens: « Si le quorum n’est pas atteint, il sera reporté », indique Matthieu Laguette.
Selon l’intersyndicale, « une école sur huit » serait confrontée à une fermeture de classe dans l’Eure. Le département serait le plus touché de Normandie par les mesures envisagées: 66 suppressions de classes pour 5 ouvertures, et 44 suppressions de postes.
