Cybercriminalité dopée par l’IA: Europol alerte sur un «retard opérationnel» des forces de l’ordre

La course s’emballe sur le terrain numérique. Dans son nouveau rapport annuel évaluant la menace de la criminalité organisée sur Internet, Europol prévient que les cybercriminels gagnent du terrain à une vitesse inédite, portée par l’essor de l’intelligence artificielle.
Résultat: un «retard opérationnel» des forces de l’ordre qui s’accroît et des «menaces de plus en plus sophistiquées» pour la société, souligne l’agence européenne de police criminelle. Le document de 43 pages dresse le constat d’une évolution accélérée des modes opératoires.
Selon Europol, l’IA ne sert plus seulement les entreprises: elle outille désormais les délinquants, qui multiplient les attaques complexes grâce à des outils génératifs. Cette bascule, observe l’agence, met sous pression les capacités d’enquête et de réponse des services, qui doivent composer avec un rythme d’innovation criminelle toujours plus soutenu.
Les acteurs malveillants n’en restent pas aux modèles grand public. Plutôt que d’utiliser des plateformes connues comme ChatGPT, Gemini ou Claude, ils développent leurs propres modèles de langage ou achètent l’accès à des systèmes spécifiquement conçus pour contourner les garde-fous.
À la clé: des campagnes mieux ciblées, des fraudes plus crédibles et une industrialisation des attaques qui complique la tâche des enquêteurs. Pour Europol, cette dynamique «crée des défis supplémentaires pour les forces de l’ordre», qui doivent combler l’écart technologique et méthodologique.
L’agence met en garde contre une accélération durable de la menace et appelle à rehausser les capacités opérationnelles afin de ne pas laisser la criminalité numérique creuser davantage le fossé.
