Carburants: Michel-Édouard Leclerc se ravise et prévient que les prix «ne baisseront pas de sitôt»

Dix jours après avoir prédit une baisse des prix à la pompe, Michel-Édouard Leclerc change de cap. Invité lundi 20 avril sur CNews, le président du comité stratégique des centres E. Leclerc a reconnu qu’il est «impossible d’avoir un plan d’achat» dans les jours à venir et a prévenu que les prix des carburants «ne baisseront pas de sitôt».
Ce revirement intervient alors que la crise au Moyen-Orient se poursuit, avec le blocage du détroit d’Ormuz par l’Iran, et que le prix du baril était en hausse lundi. «Pour l’instant, c’est du yoyo, aujourd’hui c’est impossible d’avoir un plan d’achat, il y a des volatilités de 60 centimes», a-t-il déploré, admettant s’être trompé dans ses précédentes prévisions.
Le 10 avril, il estimait encore que les tarifs «devraient baisser» prochainement, sans toutefois revenir «aux prix d’avant» la guerre. Leclerc anticipe désormais une crise prolongée. Entre «toutes les infrastructures détruites et les bateaux encore bloqués» dans ce passage stratégique, il dit «ne pas sentir le truc» et met en garde contre «au moins six mois, jusqu’à l’hiver prochain, de crise énergétique».
Sur les réponses à apporter, il juge que l’encadrement des marges des distributeurs «n’est pas ça qui fera baisser les prix» et appelle les pouvoirs publics à «ne pas se tromper». Il propose à la place de supprimer les taxes liées aux certificats d’économie d’énergie, une mesure qui permettrait selon lui de «diminuer le prix de l’essence de l’ordre de 17 centimes».
Tout en se disant «pour la transition énergétique», il suggère que cette contribution puisse être «suspendue mois par mois, provisoirement, pour apaiser la charge sur les consommateurs», une idée qu’il souhaitait déjà présenter au ministre Roland Lescure il y a dix jours.
Le dirigeant affirme que «ceux qui font du profit sur le dos des consommateurs, ce sont les États pétroliers, les revendeurs, les raffineurs et les traders». Il estime que «le surplus de TVA que l’État engrange» pourrait être dirigé vers «les professions qui en ont besoin, comme les infirmières».
Et de prévenir: «une croissance qui baisse, c’est moins de rentrées d’argent dans les caisses de l’État». Selon lui, il faut «non seulement aider les consommateurs», mais aussi «un plan d’économies».
