À un an de 2027, Macron fait de « l’indépendance » le fil rouge de sa dernière année à l’Élysée

À moins d’un an du premier tour de la présidentielle de 2027, Emmanuel Macron place « l’indépendance » au cœur de sa dernière année à l’Élysée. En multipliant les déplacements ciblés, le chef de l’État tente de dissiper l’impression d’immobilisme née depuis la dissolution de 2024 et de faire valoir des politiques dont il espère que les fruits seront reconnus, parfois au-delà de son mandat.
Lundi, il s’est rendu à Laroque-d’Olmes, en Ariège, pour poser la première pierre du futur site d’Occitanie Géotex, une usine de géotextiles lauréate du programme France 2030. Ce projet de 30 millions d’euros doit créer 40 emplois directs et plus de 120 emplois indirects, selon l’Élysée.
« Il n’y a jamais de fatalité […] à la désindustrialisation », a lancé Emmanuel Macron, présentant la réindustrialisation comme « un combat d’avenir » au service de la souveraineté. La production industrielle est annoncée d’ici à deux ans, soit après la fin de son mandat.
Autour du président, on assume ce fil rouge. « Cette décennie, c’est un peu le combat pour l’indépendance française, nous sommes presque aux 250 ans de l’Independence Day, nous, ce sera “l’Independence Year” », avance un conseiller.
L’entourage insiste sur un « bilan agissant » plutôt qu’un « farewell tour »: « L’idée dans un match, c’est de marquer des buts, d’être dans l’action, on peut gagner jusque dans les prolongations », résume un proche, pour qui « chaque crise qui survient est une question posée à l’indépendance de la France ».
Le calendrier présidentiel reflète ces priorités. Après un déplacement dans l’Allier la semaine dernière, où il a présenté un plan de réindustrialisation centré sur 150 projets et inspiré, en matière d’accélération des procédures, par la reconstruction de Notre‑Dame, Emmanuel Macron participera jeudi à un exercice de préparation des armées à la haute intensité, « Orion 26 », dans l’Aube et la Marne.
Il entend aussi mettre en avant la hausse du budget des armées, la santé, l’énergie et l’IA. Ce volontarisme intervient dans un climat morose. Le pessimisme des chefs d’entreprise s’accentue, le moral des ménages décroche sous l’effet des conséquences de la guerre au Moyen‑Orient, et, dans les formations politiques représentées au Parlement, personne ne semble croire que des réformes majeures puissent encore être adoptées d’ici à 2027.
Très mobilisé sur l’international ces dernières semaines, le président a réduit ses déplacements en France, mais s’emploie désormais à enchaîner les étapes destinées à illustrer sa ligne de « souveraineté ». Reste que nombre de projets ne verront le jour qu’après 2027.
L’Élysée assume cette temporalité et affirme vouloir « agir jusqu’au dernier quart d’heure », quitte à défendre des politiques dont les résultats ne correspondront pas toujours à l’ambition initiale. Pour Emmanuel Macron, le récit de fin de quinquennat se jouera sur ce terrain: celui de l’indépendance, déclinée en usines, en budgets militaires et en choix énergétiques.
